Les personnels ont du talent

Ce mois-ci nous avons interrogé Philippe Naureils, ancien correspondant local de presse pour le Dauphiné Libéré et L’Essentiel de Grenoble, de 1999 à 2002. Actuel gestionnaire RH à l’IUT2, il nous a raconté avec passion son expérience dans le milieu du journalisme.

1/ Comment êtes-vous arrivé au métier de correspondant local de presse ?

« Depuis tout petit j’adore écrire. Enfant, devant les matchs de foot télévisés, j’écrivais, au fur et à mesure du match, le résumé des rencontres. Je me prenais pour l’envoyé spécial de l’Equipe ! »

2/ Qu’est-ce qui vous a plu dans ce métier ?

« Rencontrer des gens de domaines différents, poser des questions, relater des évènements en faisant passer l’émotion et/ou l’ambiance ressenties lors de ces moments. C’est une véritable richesse que de pouvoir, par l’écriture, amener le lecteur là où il ne se trouvait pas. »

3/ Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

« Lorsqu’un article paraît, on l’écrit comme on l’a ressenti. Cependant, il faut certaines fois rester neutre. Le lecteur attend une information, surtout en presse quotidienne régionale. Il souhaite se tenir informé d’un évènement de son quartier, de sa ville. La difficulté est de faire passer l’info tout en prenant garde à ne pas faire « plaisir » à la personne interviewée ou, à l’inverse, à ne pas être désagréable. Il m’est arrivé d’avoir des remarques après coup. Certains ne sont pas toujours objectifs avec eux-mêmes ! »

4/ Peut-on dire que vous étiez passionné par ce métier ?

« Oui, on ne peut pas exercer ce métier si on n’est pas passionné. Il m’est arrivé d’être appelé pour un reportage tard le soir ou tôt le matin ! Il faut être disponible et surtout ne pas rechigner si on trouve le sujet du reportage peu intéressant. Le correspondant local de presse est là pour informer le lecteur et se doit d’être présent sur tous les évènements. »

5/ Aviez-vous une spécialité au sein du journal ?

« Non, pas vraiment : culture, politique, sport, vie locale, j’ai écrit un peu sur tout. Mais ce que je préférais c’était le sport ! »

6/ Quel est votre meilleur souvenir en tant que correspondant local de presse ?

« Incontestablement la rencontre avec Jacques Dufreney, ancien boxeur devenu par la suite entraîneur. C’est lui qui était l’entraîneur de René Jacquot qui fut champion du monde de boxe en 1989. Il m’a reçu chez lui à Echirolles et nous avons discuté de boxe, de sa carrière toute une après-midi. Ce fut une rencontre humaine passionnante et enrichissante. » – Pour consulter cet article, cliquez sur le lien ci-après : Article-Jacques-Dufreney

7/ Avez-vous une anecdote à nous raconter ?

« Un jour, j’ai été appelé en dernière minute, par la rédaction du Dauphiné, pour le départ du Consul de Tunisie à Grenoble. Ce type d’évènement se fait, en général, en présence de nombreuses personnes. Là, je me suis retrouvé dans le bureau de Michel Destot, alors Maire de Grenoble, assis sur un canapé blanc en compagnie du Consul, du Maire et de ses conseillers debout autour de nous. Il faut savoir que je n’avais rien préparé, je ne connaissais absolument pas le Consul. Tout en prenant un petit déjeuner, j’écoutais ces deux personnes se féliciter mutuellement, en me demandant quelles questions j’allais bien pouvoir poser. Lorsque le Maire s’est tourné vers moi en disant « et bien nous laissons maintenant notre ami journaliste faire son travail », j’ai posé comme première question « Monsieur le Consul qu’avez-vous pensé de Grenoble et de son Maire ? ». Le Consul a été dithyrambique et long dans sa réponse puis, j’ai posé la même question au Maire de Grenoble qui m’a donné le même type de réponse. Ce fut quand même un bon moment et je pense que plus jamais je n’aurai l’occasion de partager le petit déjeuner du Maire de Grenoble et du Consul de Tunisie, le tout dans le bureau principal de la mairie. »

8/ Avez-vous couvert de grands événements ?

« Lors de sa fin de carrière, le rugbyman Didier Cambérabéro a célébré son jubilé à Sassenage. Je m’occupais alors de couvrir les évènements sportifs de cette ville. Ce jour-là, beaucoup d’anciens grands joueurs étaient présents (Philippe Sella, Serge Blanco, Jean-Luc Sadourny…). Toute l’après-midi, moi qui suis un amateur de rugby, j’ai pu côtoyer tous ces joueurs et finir par une interview de Didier Cambérabéro. »

9/ Aujourd’hui, continuez-vous d’exercer votre talent d’écriture ?

« À titre personnel, plus vraiment, par manque de temps essentiellement. A l’IUT, oui, notamment lorsque j’étais en gestion de scolarité au département Carrières Sociales lors des comptes rendus des conseils d’orientation et surtout lors d’un déplacement à Barcelone où j’ai accompagné les étudiants de la formation Gestion Urbaine en 2009. J’ai réalisé un « reportage » sur la semaine passée à visiter l’architecture de la ville ainsi que les centres sociaux des quartiers défavorisés de Barcelone. »

10/ Avez-vous des projets dans ce domaine ?

« Je n’ai pas de projet à court terme. Mais plus tard, à la retraite, pourquoi ne pas reprendre en tant que correspondant local de presse ? Sait-on jamais ! »

Une réflexion sur “ Les personnels ont du talent ”

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