Interview de Laura Tarantola, championne de France d’aviron

Ce mois-ci, 5 étudiants du département Carrières Juridiques ont interviewé Laura Tarantola, championne de France en titre d’aviron et elle aussi étudiante en CJ à l’IUT2.

1. Quel(s) sport(s) pratiques-tu ?

«  J’ai pratiqué beaucoup de sports, en commençant par le tennis, le basket et la danse. J’ai ensuite débuté l’aviron en 2008 et en suis aujourd’hui à ma 6ème saison. Je possède actuellement 4 titres de championne de France, j’ai participé au championnat d’Europe où j’ai fait un podium, et j’ai été remplaçante au championnat du monde en junior. Depuis l’année dernière, je suis en catégorie senior (à partir de 18 ans) et j’ai été prise en équipe de France pour participer au championnat du monde cet été. »

2. Comment es-tu arrivée à ce niveau ?

«  J’ai découvert ce sport à l’âge de 14 ans grâce à une amie qui en faisait. Elle m’a dit de venir essayer, ce que j’ai fait. L’ambiance et le sport en lui-même m’ont tout de suite plu, je me suis alors inscrite au sein de cette famille qu’est l’Aviron Grenoblois. Au fur et à mesure, je me suis accrochée et j’ai commencé par faire de la compétition. »

3. Pratiques-tu ce sport dans le cadre de l’IUT ?

« Non, je le pratique seulement en dehors de l’IUT. Cependant, je suis évaluée et obtiens une note bonus à chaque semestre. »

4. Quelle est la fréquence de tes compétitions ?

« J’en ai une au mois d’avril, en individuel. Elle est importante car elle me permet de me qualifier pour les championnats de France qui se déroulent en juin, en collectif. Si nous sommes sélectionnés lors du championnat de France, viennent alors en août les championnats du monde. Mon sport se pratique donc à la fois collectivement et individuellement (pendant l’hiver jusqu’au mois de mars-avril). »

5. Quels aménagements spécifiques mis en place par l’IUT te permettent de mieux organiser ton temps entre tes études et ton sport ?

«  Ma spécificité est de faire le DUT CJ en 3 ans, ce qui correspond à environ 15 heures de cours par semaine. La charge de travail est donc considérablement allégée par rapport à des étudiants classiques. Je pars souvent en stage avec l’équipe de France, les professeurs sont compréhensifs. Par exemple, pour les partiels, je les passe pratiquement tous en rattrapage car les dates ne correspondent jamais. Une cession de rattrapage est donc organisée spécialement. Je peux aussi facilement changer de groupe de TD dès que j’en ai besoin. M’entraînant 9 fois par semaine, ce qui correspond à peu près à 25 heures d’entraînements, les aménagements offerts par l’IUT me conviennent parfaitement. Ils sont d’ailleurs nécessaires. »

6. As-tu rencontré des difficultés particulières dans ton parcours ?

« Oui, l’année dernière, car j’ai été blessée. C’était un peu compliqué de me projeter. D’autre part, il est difficile de suivre les cours quand je pars en stage sur des périodes de 10 jours, par exemple. Mes camarades m’envoient alors les cours et je les rattrape comme je peux. »

7. Aujourd’hui, que penses-tu de ton parcours ?

«  Je n’ai pas du tout de regrets, je poursuis sur ma lancée. Tant que je peux avoir des aménagements comme cela, je continue le sport à côté de mes études, même si ça me prend énormément de temps et, bien que ce ne soit pas toujours évident. Au niveau sportif, je suis prise pour les championnats du monde, j’espère que cela va continuer. »

8. Penses-tu que la pratique d’un sport de haut niveau est plutôt un handicap ou une aide pour les études ?

« Je ne décrirais pas le sport comme un handicap. C’est une aide malgré que j’ai moins de temps pour travailler. Cela m’oblige à être organisée, rigoureuse et attentive quand je suis en cours car je sais que le soir je n’aurai pas le temps de reprendre les cours. Les compétitions m’aident à gérer le stress, ce qui est un atout en période d’examens. »

9. Que penses-tu de la place des femmes dans le sport ?

«  Selon moi, les femmes sont sous représentées. Cependant mon sport est assez équilibré, je n’ai jamais perçu de discrimination ou de moqueries quant à la pratique de l’aviron par une femme. Tout le monde se connaît entre clubs, nous sommes assez fair-play. De plus, c’est un sport peu médiatisé, ce qui enlève des problèmes  »

10. Envisages-tu de participer un jour aux Jeux Olympiques ?

« Evidemment, les Jeux Olympiques sont le rêve de tout sportif. Aujourd’hui, je n’ai pas la prétention de dire que j’y serai un jour. Dans un premier temps, j’espère continuer à être sélectionnée aux championnats du monde et pourquoi pas participer aux JO de 2020. »

11. Quels sont tes projets concernant les études et le sport ?

«  J’envisage après le DUT de faire une L3 mais je ne sais pas encore exactement laquelle. J’aimerais bien intégrer l’école de commerce de Grenoble. Je sais qu’elle propose également des aménagements pour les sportifs de haut niveau, ce qui me permettrait de continuer à pratiquer l’aviron. Mon projet est assez ouvert aujourd’hui. Je ne peux pas vivre de l’aviron donc, tant que mes études me permettent d’allier les deux, je continue. Si un choix devait se faire entre le sport et les études, ce serait les études, par défaut. »

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