S’entre-tenir en contextes professionnels : rencontre ou mise en boîte ? 

S’entre-tenir en contextes professionnels : rencontre ou mise en boîte ? 

visuelentretien

Jeudi 7 avril 2016

Collaboration CRI (Centre de Recherches sur l’Imaginaire) / IUT1 et IUT2 – Place Doyen Gosse, Grenoble – animation prévue dans le cadre des journées festives du cinquantenaire

C’est un défi, voire une gageüre, que de croire qu’il est possible de s’entretenir, dans une perspective trans-disciplinaire, sur un objet aussi complexe et pluriel, imbriqué dans des environnements et enjeux aussi divers. Quel est le travail souterrain qui s’effectue, dans la relation intersubjective entre le questionneur et le questionné, au cours d’un entretien ?

On pourrait classer les variétés de l’entretien selon trois pôles : littéraire, thérapeutique, professionnel – avec, au centre, la recherche d’un carrefour qui serait celui de la créativité et de l’inventivité.  Si le questionneur est parfois soumis à la question, le questionné, lui aussi, s’invente, se découvre, se surprend dans le processus de l’entretien, qui comporte – lorsqu’il y a rencontre véritable, ouverture et aventure : en un mot, il semble comporter une dimension créatrice, qu’il faudra envisager avec précision.

L’intérêt de cette journée d’étude est précisément de faire converger un regard interdisciplinaire sur des situations concrètes et différenciées d’entretiens : philosophique, journalistique, psychologique, situations de concours et d’embauche. Ce qui nous intéresse, au-delà des divergences et différences de ces situations et contextes, c’est le travail collaboratif et ce qui, sans pouvoir être saisi dans des grilles d’évaluation, peut-être déterminant dans la réussite, objective et subjective, de l’entretien.

Le genre social de l’entretien sert-il à rencontrer l’autre ou à le mettre dans des cases – à vérifier s’il correspond à des grilles préétablies ? L’entretien correspond-il à une réelle aventure ou au simple déroulement d’un programme, à la déclinaison mécanique d’un « guide » (d’entretien ou d’évaluation) ? Correspond-il, de la part de celui qui conduit l’entretien, à une découverte de l’autre, à une intrusion – voire, parfois, à un viol de sa conscience ?

On fera l’hypothèse que cet exercice professionnel rigoureux, aux enjeux souvent lourds, comporte une part non négligeable d’imaginaire, d’improvisation, d’imprévu, d’inventivité, de créativité ; cette part d’imaginaire doit pouvoir s’explorer à travers les récits, les situations dialogiques, le travail intersubjectif qui s’y opère et les valeurs émergentes, consensuelles ou conflictuelles qui s’y négocient. La dimension imaginaire se décline ici sous les notions d’improvisation, de lâcher prise, de surprise, d’invention et de découverte de soi et de l’autre, de rencontre des valeurs et des possibles.

C’est pourquoi nous cherchons à décrire, observer et à analyser finement le dialogue tensif de l’entretien, à travers les interactions intersubjectives, productives de créativité, qui s’élaborent entre le questionneur et le questionné.

Mais notre objectif consistera aussi à observer ce qui relève du plan non verbal et des implicites, afin de cerner cette part obscure de l’entretien, dans les différentes situations où nous l’analyserons ; c’est ainsi que nous tenterons d’appréhender le travail imaginaire qui est à l’œuvre dans l’entretien, à travers la relation intersubjective qui lui sert de support.

ORGANISATEURS :

Véronique COSTA, Claude FINTZ, Frédérique MARCIC, Jean-Pascal SIMON, Manon VALLA

CONTACTS :

  • Claude FINTZ, claude.fintz@iut2.upmf-grenoble.fr
  • Jean-Pascal SIMON, jean-pascal.simon@univ-grenoble-alpes.fr
  • Messaouda AMRANI, messaouda.amrani@iut2.upmf-grenoble.fr, 04.76.28.47.19

 

 

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